Neuro-sciences : Et si le monde était altruiste?

Et si l’altruisme était un élément essentiel de la nature humaine ?

Je partage cet article, rédigé par la chaine Arte, pour vous inviter à le regarder en introduction au sujet d’étude.

Cette piste scientifique « aussi passionnante que porteuse d’espoirs », est ici illustrée et suivie par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade avec, entre autres, la star des neurosciences Richard Davidson et le moine bouddhiste Matthieu Ricard.

J’étudie, veille, et recherche des objets d’étude sur le sujet depuis une période assez longue. Et aujourdh’ui une oreille attentive nouvelle et prometteuse est accordée à l’objet scientifique, basée sur des recherches sociologiques, psychologiques, mathématiques : autant dire que ce ne sont ni des affabulations infondées ni une vision angélique d’un monde ubérisé…

La chercheuse ès Marketing, puriste sur les aspects méthodologiques, ne peut qu’être convaincue et emportée pas la méthodologie de recherche, l’étude qualitative, l’étude sémantique, les entretiens semi-direcifs ou non-directifs, et leur composante analytique.
Aucune de mes publications ne serait plus efficace que ce reportage pour initier le débat.

En attendant de poursuivre le débat et l’échange sur la base d’autres travaux de recherche, d’autres illustrations, d’autres développements (dont ceux marketing) qui prennent de plus en plus d’importance dans les stratégies de développement, et que je partagerai très vite avec vous.

« L’homme est un loup pour l’homme » : l’histoire du monde semble écrite pour illustrer cet adage. Pourtant, des voix scientifiques s’élèvent depuis une vingtaine d’années contre cette vision de la nature humaine. Chercheurs en psychologie, primatologie, mathématiques ou neurosciences, ils mènent des expériences novatrices qui contredisent la thèse de l’égoïsme naturel et inventent le vocabulaire d’une autre histoire : l’altruisme et la coopération en sont les maîtres mots. Des États-Unis au Népal en passant par l’Allemagne, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade (Mâles en péril, Le jeûne, une nouvelle thérapie ?, Secrets de longévité) sont allés à leur rencontre pour esquisser, sur la base de leurs découvertes, des solutions nouvelles aux maux de la planète, à l’opposé du pessimisme ambiant. Une enquête scientifique aussi passionnante que prometteuse avec, entre autres, la star des neurosciences Richard Davidson et son non moins célèbre cobaye, le moine bouddhiste Matthieu Ricard, qui depuis longtemps se sont invités dans le débat public avec un slogan plus révolutionnaire qu’il n’y paraît : « Changez votre cerveau, changez le monde ! »

Bonnes natures

Les habitants de La Nouvelle-Orléans post-Katrina font sagement la queue sous le soleil pour se partager l’eau potable. Des anonymes, filmés par des caméras de surveillance, risquent spontanément leurs vies pour sauver celles d’inconnus. À travers des tests répétés des centaines de fois, des bébés américains de quelques mois témoignent d’un sens inné de la justice tandis que leurs homologues allemands, un peu plus âgés, manifestent une tendance naturelle à aider autrui… Entre expériences scientifiques et innovation sociale, entretiens et observation documentaire, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade montrent que la coopération, si elle a été oubliée par les héritiers de Darwin, constitue dans l’évolution un élément au moins aussi important que la compétition. Et c’est le pari des chercheurs qui s’expriment dans le film : si l’altruisme existe, on peut le cultiver, à l’heure où la survie de l’humanité en dépend probablement.

Le story telling au service de l’isolation

 

Chantier Saint flour Hybris

Le bâtiment a longtemps été un secteur traditionnel. Aujourd’hui la communication devient créative et originale et s’autorise des stratégies de contenus riches.

Ici nous retrouvons une histoire vécue, sur l’indétrônable stratégie de story telling , à l’image de l’histoire réelle vécue par les hommes et l’entreprise au cours d’un chantier : un chantier, une entreprise, un terroir, des hommes.

L’histoire : le  génie de l’homme au travers des âges pour maîtriser la nature et les matières, le génie industriel du XIXs, l’innovation technologique, l’aventure humaine qui participe à construire de l’habitat, la puissance du terroir d’Auvergne et ses volcans.

Ce projet est une très belle histoire humaine, artistique et intellectuelle !

 

A voir ici chantier Hybris Saint Flour

L’individu est-il devenu le touriste de sa propre vie?

Comment les réseaux sociaux ont fait de nous des touristes de nos propres vies
Pour le journaliste et critique américain Jacob Silverman, les réseaux sociaux ont fondamentalement modifié notre rapport à ce que nous faisons, ce que nous lisons, ce que nous vivons.

Que celui qui n’a jamais interrompu une activité pour prendre une photo et la poster sur les réseaux sociaux lui jette la première pierre. Dans le long article que signe le journaliste et critique américain Jacob Silverman* dans The Guardian, il prend soin de ne pas s’exclure de l’analyse qu’il déroule et qui pourrait se résumer en une phrase : le fait de partager ce que nous faisons sur les réseaux sociaux a fait naître un nouveau mode de vie.

« Dans un paysage numérique construit sur la visibilité, le plus important, ce n’est pas tant le contenu de ce que vous postez que l’existence même de vos publications », écrit-il. Et d’ajouter que les réseaux sociaux ont tellement modifié notre comportement que cette pulsion de partager ce que nous faisons pour le faire savoir aux autres est presque devenue une seconde nature.

narcissisme

 

Toute-puissante notification

On pourrait se demander ce qui nous pousse à rester sur Facebook ou sur Instagram, à continuer de suivre, encore et encore, des flux de photos et de statuts. « L’explication, c’est que tout le monde le fait. Un milliard d’individus sont sur Facebook, des centaines de millions sont répartis sur les autres réseaux ; qui voudrait rester à l’écart de tout ça ? [...] Par ailleurs, une fois que vous en êtes et que les mises à jour défilent, le petit pic d’endorphine que produit un ‘like’ ou un partage fait office de petite récompense pour tout cet investissement. » A l’ère du tout-réseaux-sociaux, il n’y a sans doute rien de pire que de rechercher la visibilité et de finir sans la moindre notification.

« Le problème de ces notifications, souligne le journaliste, c’est que, comme les publications, c’est sans fin. Nous sommes constamment en quête d’une bonne nouvelle, même quand nous sommes complètement pris par une autre activité. De la même manière que les bruits de la ville viennent perturber le silence, les notifications chassent la contemplation. » Voilà qui nous met en position de toujours attendre autre chose, un message venu de l’extérieur qui prendrait le pas sur ce que nous sommes en train de faire.

Narcissisme plus que partage

Le rapport aux photos que nous prenons s’en trouve aussi radicalement modifié. Fini le temps où nous développions les images pour les encadrer ou les coller dans des albums. « Les photos servent moins à se souvenir d’un moment qu’à montrer la réalité de cet instant aux autres. [...] ‘Regardez comme nous nous amusons ! Ça a l’air bien, non ? S’il vous plaît, validez mon activité, et je validerai la vôtre’ », semblent dire les photos que l’on peut voir sur Instagram. « Le fait de prendre des photos fait désormais partie intégrante de nos soirées, note Jacob Silverman. Cela vous donne aussi quelque chose à faire, ce qui signifie que vous ne serez plus jamais simplement là, inactif. ‘Vivre l’instant présent’ implique désormais de le capturer et de le posséder. Ce qui fait de nous des touristes de nos propres vies. »

Les réseaux sociaux ont pris une place telle que certains d’entre nous sont passés maîtres dans l’art de détecter un parfait « moment Facebook » : trouver la situation, la phrase ou la scène qui fera le meilleur post Facebook, celui qui récoltera le plus de « likes ». Idem pour les articles de presse que nous partageons sur les réseaux sociaux. « Je pourrais me justifier en disant que j’ai envie de partager des informations avec les autres, mais ce serait mentir, confesse le journaliste. La vérité est plus déprimante et se trouve plutôt du côté de l’ego : il s’agit avant tout de narcissisme. Le but est d’avoir l’air cool, intelligent et bien informé. »

Pour exister dans ce flux permanent, où tout est fugace, conclut Jacob Silverman, il faut à son tour parler et réussir à se faire entendre. « Sinon, vous risquez de vous noyer dans le vacarme et de finir loin de tout. »

Note :* Auteur du livre « Terms of Service: Social Media and the Price of Constant Connection », sorti en mars 2015

 

Sources : « Courrier International » 6 mars 2015 Filed under: Evolution consommateur | Commentaires fermés

Le bashing, les haters, ou la télé-réalité au service de la haine légitimée

« La télé-réalité rend dingue », répètent les médias depuis le déclenchement de l’affaire Nabilla. Mais c’est un raccourci bien erroné.

ERIC DESSONS/JDD/SIPA
Loana, ancienne candidate du jeu Loft Story, a multiplié les tentatives de suicide. François-Xavier, issu de la 5ème édition de Secret Story, a réussi la sienne. Nabilla Benattia est mise en examen pour « tentative d’homicide volontaire » après avoir poignardé son compagnon.
Si la notoriété a sans doute affecté ces anonymes d’hier, il ne faut pas ignorer qu’ils avaient déjà tous un terrain psychologique fragile avant d’être exhibés comme des bêtes de foire dans des émissions abrutissantes.
Car il ne suffit pas de réunir des gens dans une cage pour assurer le spectacle, encore faut-il qu’ils se mettent sur la tronche. Et pour ça, rien de mieux que des gamins au physique attrayant – c’est toujours mieux – et à l’équilibre psychique chancelant – c’est essentiel.

Le cas Nabilla a fait franchir une étape significative dans la mise en scène de la misère intellectuelle. Son « Non, mais allô quoi », lui a permis d’être connue dans la France entière, et même au-delà de nos frontières…
Un succès savamment orchestré par une production qui encourage le bashing de ses propres poulains, traquant la phrase qui sera reprise par Le Zapping de Canal+ ou Touche pas mon poste et qui fera sensation sur les réseaux sociaux.

Le bashing, le droit à exprimer les plus bas instincts
Des traits de génie comme ceux de Nabilla, ça ne se « scripte » pas. La production doit réunir les conditions qui permettront à la bêtise de s’épanouir comme une fleur au soleil. Il suffira ensuite de « cueillir » les répliques instantanément cultes. Après l’horticulture. Les boîtes de prod ont inventé la «connerieculture ». Les programmes de ce genre se multiplient : Les Ch’tis vs Les Marseillais, Les Ch’tis dans la jet set, Les Ch’tis à Hollywood
Ce genre de programme a un double effet négatif. D’abord, il assoit l’idée d’une « conneriecratie » où les plus idiots seront les promus, les plus connus et reconnus.
Ensuite, pour les autres, ceux qui ne sont pas dupes et qui se régalent de ces exhibitions de la bêtise humaine, la télé-réalité flatte les bas instinct et renforce cette culture de la moquerie systématique, du dénigrement, du bashing et du trollisme. Désormais, il existe même un mot pour ce phénomène : les haters.
Pour ma part, le plus effrayant dans l’évolution des comportements, ce n’est pas les instincts vils de l’être humain, c’est la légitimation, la généralisation, et l’outil digital qui donne l’impression d’être puissant et dans son plein droit.
Les réactions sur la toile, sauf exception, sont du registre de « c’est bien fait pour elle, qu’elle paie ».

Source : Alexandre Coste – Marianne

 

Marketing digital, cross canal, user experience : l’optimisation stratégique

Le Marketing expérientiel n’est pas un concept nouveau.
User experience non plus, bien que la posture ne soit pas encore ancrée dans tous les esprits ou toutes les entreprises.

L’idée préconçue est qu’un budget important est nécessaire.
Mais, NON : cela est une idée préconçue.

Les exemples ci-dessous montrent des opérations, basées sur ce concept.

Ces opérations, actions d’insertion média à la base, de par leur innovation, créativité, créent un buzz viral qui permet une vision d’un plan d’actions différent d’un plan d’action dit traditionnel.

Coca-cola

Un plan média est basé sur l’antédiluvien concept de Couverture et Répétition. Qui n’est pas mort.

MAIS le marketing digital transforme la vision :
Il permet une réduction conséquente du plan média. Pourquoi ? Le buzz viral généré remplace certaines actions du plan de communication qui auraient étaient nécessaires : moins de couverture et de répétition, moins de PR.

RÉSULTAT : un coût moins élevé, une efficacité supérieure, l’image d’une entreprise innovante, créatrice, centrée sur les besoins de son utilisateur, l’énumération des avantages est longue.

Pourquoi un tel discours aujourd’hui ?
Car il y a encore un peu de pédagogie à réaliser en B2B pour arriver à convaincre que le cross canal, le marketing digital est une évidence. Et l’associer à KPI : mot magique !

Certaines structures dissocient encore communication « corporate » et « commerciale », et le « web »… Tout autant qu’elles dissocient B2B et « particulier ».

Le B2B doit se nourrir du B2C, il y a de beaux chantiers (!) en vue dans ce sens.

Nivea

sources : buzzwebzine

Réseaux sociaux professionnels : les dix commandemments : Tu ne mentiras point…

Lu sur Webmarketing&com, page FB ludique et nourrie, les 10 commandements pour ne pas détériorer son personal branding…

Une analyse personnelle issue de mon expérience : oui, j’ai des preuves !

1. N’utilisez pas autre chose qu’une photo professionelle
L’originalité peut aussi être vecteur de communication selon son activité.

2. Ne mentez pas
D’aventure, nous rencontrons des « relations » qui mentionnent le même poste qu’une autre relation néanmoins recommandées par des dirigeants (si c’est possible…), des relations qui mentent ouvertement sur le contenu d’un poste que vous connaissez parfaitement recommandées par les dirigeants encore, des relations qui mentionnent leur présence en entreprise alors qu’elles en sont parties… (!), des personnes qui traduisent en langue étrangère le nom de leur école sans indiquer la localisation et font d’une école inconnue une école internationale de renom…

3. N’invitez pas vos relations avec le texte par défaut de LinkedIn
Le retour du marketing direct, c’est environ X / 1000? le texte par défaut risque de ne pas rapporter plus.

4. N’utilisez pas l’option « ami »
J’ai découvert que j’avais des amis inconnus…

5. N’oubliez pas de renseigner vos liens externes

6-Ne laissez pas votre profil incomplet
…..
7. Ne soyez pas fainéant quand vous partagez des liens
Cela s’appelle « réseau », à priori…

8. N’utilisez pas les groupes LinkedIn uniquement pour renvoyer des liens vers votre site
Aie, certains ont du confondre.

9. Ne spammez pas vos connections
pas d’expérience, navrée…
10. Ne demandez pas de recommandations à des gens qui ne vous connaissent pas
La, il faut être fou…Mais tout bien réfléchi un inconnu insiste lourdement pour que je le recommande depuis 3 mois. Non, je ne suis pas suicidaire !

 
En résumé, les réseaux sociaux professionnels, ce sont les « medias sociaux », massifs et interpersonnels. Une masse de personne voit les détails de chacun : attention danger, ne pas respecter une éthique c’est forcément s’exposer à un personal branding negatif, dommage….

L’article est une adaptation de l’article en anglais Personal Branding on LinkedIn: 10 Mistakes to Avoid.
source : webmarketing&com

Publication : « Le Marketing viral, une alternative communicationnelle « idéale »? »

La connaissance, la réflexion, les travaux de recherche se pensent pour être partagés.

Alors en téléchargement, ce modeste travail de recherche, écrit entre la mise en place d’une stratégie de communication chez l’annonceur, une mission auprès d’étudiants en master communication et un magnifique master pour moi-même, au CELSA, qui reste et demeure, pour moi, une école de référence qui nous apprend avant tout à nous poser des questions…

Merci à cette prestigieuse école, qui est un plaisir tout autant qu’une recherche de l’excellence.

Un pur moment de bonheur

 

Memoire-Christine-Laure-Legros-CELSA

Google Analytics, puissant mais pas tout puissant : difficultés à dénombrer visiteurs uniques et visiteurs dans les calculs des pages

Le référencement, c’est à la fois l’expérimentation et une veille constante, car les paramètres sont d’une mouvance extrême. Webrankinfo est une veille excellente. Les éléments ci-dessous sont issus de l’un de leurs articles.

Google Analytics n’est pas infaillible, et le reconnait d’ailleurs.Ce qui explique aussi que les entreprises pour lesquelles le tracking est stratégique se dotent souvent d’outils propriétaires.

Voila un exemple de failles techniques : difficultés de Google Analytics à dénombrer visiteurs uniques et visiteurs dans les calculs de pages

Dans un rapport personnalisé (graphe 1) , l’on peut trouver, pour certaines pages, un nombre de visiteurs uniques supérieur au nombre de visites (graphe 2). Ceci est mathématiquement impossible
Google Analytics connait et essaie de traiter ce problème depuis 2010 (Avinash Kaushik et Nick Mihailovski) sans succès flagrant. Webrankinfo s’inspire de l’analyse de Michael Whitaker qui définit cela comme « un problème de métriques non compatibles ».

L’explication?

Pour une visite de plusieurs pages, les métriques de pages vues et de visiteur uniques sont comptabilisées à chaque page. En revanche, la métrique de « visite »  n’est comptabilisée qu’à la première page (schéma 3).

Anomalies sur les segments avancés

Schéma 4, si on crée un segment avancé concernant les visites dont la première page est la page d’accueil, nous retrouvons les mêmes anomalies, des visiteurs uniques moins nombreux que des visiteurs.

Conclusion : Restons vigilants sur les intitulés (« dans les rapports de contenu, il est question de consultations uniques et non de visites. « Et ce parallèle s’applique à d’autres métriques qui remplacent la notion de visite par une notion de « … unique », dixit Webrankinfo). Attention aussi aux rapports personnalisés ou l’on essaie d’obtenir d’obtenir en même temps les visites et visiteurs pour les pages, les sources de trafic ou d’autres valeurs pour un même visiteur dans des visites distinctes. En fait, GA semble avoir des difficultés avec des tris croisés…

J’ajouterai que s’il existe des solutions propriétaires ce n’est pas par hasard. Annonceur, si vous avez des ressources statistiques pointues, des ressources en temps également, vous pouvez vous lancer. Sinon choisissez un prestataire conseil ou une solution propriétaire à la formation et le suivi encadrés. N’hésitez pas non plus à vous faire assister par des prestataires qui capitalisent sur l’expérience pour des coûts relativement faibles.

Et bon courage pour cet exercice (pour autant stratégique) qui n’est pas aussi simple que les rumeurs ou le grand manitou Google Analytics veut bien le laisser paraître !

Sources : webrankinfo

“Les études en 2012 / comprendre et/ou mesurer ” se questionnent l’UDA et l’Adetem

A cette question, Bernard Cathelat, fondateur des socio-styles, apporte une approche pluraliste, sociologique, intuitive : « Nous sommes là pour apporter une intelligence, pas pour tout expliquer »

Précurseur d’une approche qualitative des consommateurs , il rappelle quelques fondamentaux : le marketing est réaliste, pluraliste, non monolithique, et surtout…il est un outil d’aide à la décision mais n’explique ni ne permet de tout comprendre.

Selon lui, il « faut avoir de la curiosité et non des certitudes préalables », ce qui est un utile rappel des fondamentaux. Que nous réserve-t-il de plus?

Le fondateur de CCA (Centre de Communication Avancée) exprime une mutation du monde des études, réaliste et pluraliste, “vintage » selon ses propres mots”.

Bernard CathelatLe père des sociostyles a donné plusieurs pistes de réflexion, qui s’articulent autour du constat que les consommateurs sont mouvants, instables (au sens des comportements), extrêmement hétérogènes, bien plus complexes à comprendre ou analyser que dans les années 70. « Remettre le produit dans les modes de vie, accepter que les humains sont compliqués et ne pas croire que ce que disent les experts des sondages est universel ».
Il exhorte les jeunes chargés d’études à « sortir faire de l’ethno » plutôt que de rester devant leur ordinateur et réfute les études « media-mythologiques » sur les bobos et autres « inventions publicitaires ». Un rappel des fondamentaux de l’étude sociologique, et une attaque des mythes de la conduit d’étude ou du marketing très sures d’elle même et empreintes de certitudes.

Notre société “implosive”, demande une qualification des échantillons face à des groupes de mois en moins homogènes : « L’homogénéisation des groupes ne peut que donner de la soupe fade ».
« Le rêve du marketing de masse comme celui du one to one sont inapplicables”.
Il faut éviter les études à œillères : le consommateur de yaourt est un multiconsommateur. Il faut élargir le questionnaire à autre chose que du yaourt ». L’unidimensionnel est un danger.  » On interroge de moins en moins les gens sur leurs rêves. On fait de l’opinionisme « . Le CCA développe 13 sociostyles. 7 sont hétérogènes (luxe/lowcost). « Les sociostyles ne sont pas monolithiques. Nous sommes là pour apporter une intelligence, pas pour tout expliquer », insiste Bernard Cathelat. Nous sommes aux antipodes du marketing impérialiste enseigné autre fois dans les écoles de commerce ».
Petit rappel méthodologique à nouveau: différence entre attitude et comportement.

Le marketing, l’étude sont des outils puissants d’aide à la décision, ô combien indispensables, de plus en plus perfectionnés. Face à des comportements de moins en moins hétérogènes, restons humbles, soyons curieux, et conservons la qualité première du marketer : l’intuition. J’aurais envie de rajouter l’humilité, la rigueur, l’honnêteté, la prudence dans l’affirmation des résultats.
“Il ne faut jamais croire ce qui se dit une fois. Acceptons la complexité : un consommateur à la veine “verte” peut s’acheter un 4×4 ! Les personnes peuvent se positionner sur des valeurs contradictoires. »

Bernard Cathelat explique cette mutation du consommateur par le web, qui est « partout », et entraîne l’interactivité  et une nouvelle façon de traiter les consommateurs, plus comme des cibles mais des partenaires. il parle de wikiconsommateur, qui n’est plus observable au microscope.

Dans un prochain article j’aborderai les causes de l’évolution du consommateur : nouveaux paradigmes sociétaux, liés à Internet, entre autre oui.

François Laurent, coprésident de l’Adetem, résume l’intervention de Bernard Cathelat :  » Il faut être humble, accepter de ne pas comprendre tout chez le consommateur ».

Pour ma part, il y a très longtemps que j’ai une certitude en marketing : celle d’être consciente de la valeur du marketing pour les annonceurs (un outil d’aide à leur décision, ni plus ni moins) allant de pair avec un respect du consommateur et de l’annonceur. D’où un bonheur pérenne de faire mon métier : accompagner les annonceurs en m’appuyant sur la connaissance des besoins du consommateur.

Soyons heureux que la complexification du consommateur rende cette conscience à tous les marketers….

Sources : e-marketing.fr Catherine HEURTEBISE

« Des publiphobes en augmentation en 2011 et des consommateurs toujours plus « brandés » (TNS Sofres) : explications et conséquences pour le marketer

Une étude Australie/TNS Sofres révèle des éléments, pas forcément surprenant…mais stratégiques pour le marketer.

4 tendances, appelées « décrochages » se détachent dans l’étude (1 026 individus de 15 ans et plus, interviewés par téléphone du 25 août au 1erseptembre).

Décrochage général : 88 % des Français s’affirment pessimistes pour la France (+8 points/2010) et 76 % pour eux-mêmes (+18 points).

Décrochage sur le pouvoir d’achat : 56 % des français estiment devoir gagner plus pour vivre bien. 40 % disent vivre difficilement avec leurs revenus (toutes CSP).

Décrochage politique.La vie politique ennuie 42 % des Français (41 % en 2010). « Ils n’ont plus confiance et elle sera difficile à rétablir », résume Vincent Leclabart, président d’Australie.

Quatrième décrochage : le marketing. 4 typologies : les opposants (33 %), les indifférents (30 %), les lucides (26 %), les accros de la consommation (12 %). 81 % des Français estiment la publicité envahissante (77 % en 2010), 66 % banale, 57 % agressive et 53 % dangereuse) ».

L’étude s’essaie enfin à une recherche d’explication, mettant en avant« la perte de contact de la marque avec les consommateurs, soit parce qu’elles ne leur correspondent plus en termes économiques, soit parce qu’elles n’arrivent plus à les séduire par leurs actions marketing ». Et d’ajouter que les professionnels du marketing et de la publicité doivent se poser des questions…Mais ils s’en posent !

Elle dit aussi, paradoxalement, que la note moyenne vis-à-vis des grandes marques et l’attention portée à la marque sont stables….

Ayant l’extrême privilège de réaliser des études et de mettre en place des stratégies marketing, c’est ce paradoxe qui m’intéresse. Depuis presque 10 ans, des études basées sur le déclaratif nous démontrent la perte de confiance du consommateur vis-à-vis du « marketing » et la marque. Et des statistiques et observations nous montrent un consommateur de plus en plus « brandé » et consommateur de marque.

Le décalage paradoxal entre le discours et l’acte, l’attitude et le comportement, est une composante de l’être humain, universelle, intemporelle que les marketers connaissent bien. Ce qui est intéressant, du point de vue du chercheur et du marketer qui doit continuer à être efficace dans sa séduction du consommateur, est « pourquoi le consommateur très sensible au discours marketing exprime son rejet du marketing ». « Ne dites pasà ma mèreque je suisdans la publicitéelle me croit pianiste dans un bordel » de Seguela pourrait devenir dans la bouche du consommateur « ne dites pas que nous sommes sensibles au marketing, nous sommes indifférents et indépendants du système de consommation….et si nous achetons des téléphones à 1000 euros, c’est juste que nous y sommes obligés et nous ne sommes pas dupes….»

Quelle évolution sociologique est-elle en marche pour pousser l’hommo-consommateur à exprimer une attitude de rejet tout en ayant un comportement d’achésion, voila la question passionnante qui se pose au chercheur. Celle qui se pose au marketer est la recherche d’outils de plus en plus élaborés pour répondre à ce paradoxe, le contourner. Les CA des grandes marques en cette période de crise économique tendraient à dire qu’ils n’y arrivent pas si mal…

source : emarketing.fr et (étude Australie/TNS Sofres)